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L’étude sera menée sur le périmètre du bassin versant du Lot d’une superficie de 11 500 km2. Ce bassin concerne 3 régions administratives (Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine), 5 départements (Lozère, Cantal, Aveyron, Lot et Lot-et-Garonne) et près de 600 communes

Le haut bassin du Lot est constitué par de fortes pentes et un réseau hydrographique dense. Il est drainé par la Truyère, son principal affluent, et le Lot en amont de leur confluence. A l’aval d’Entraygues, le réseau hydrographique est diffus avec de plus faibles pentes, les deux principaux affluents sont le Dourdou et le Célé. Le Lot y est fractionné par une succession de seuils et de biefs artificiels.

Ces deux ensembles s'opposent par :

  • la pluviométrie, qui dépasse souvent 1 200 mm/an en amont, alors que l'aval ne reçoit que 500 à 700 mm/an d'eau,

  • le substrat, cristallin et volcanique en amont, sédimentaire à l'aval,

  • des activités touristiques concentrées sur la vallée du Lot, autour des agglomérations de Cahors, Villeneuve-sur-Lot et le bassin de Decazeville.

Le bassin versant du Lot est un territoire rural avec une activité agricole importante. L’élevage bovin et l’exploitation forestière sont caractéristiques de la partie amont du bassin, tandis que la partie aval est connue pour ses vignobles, cultures pérennes d’arbres fruitiers et grandes cultures. 

Dans le courant du XXe siècle, le bassin est progressivement équipé en ouvrages hydroélectriques. On distingue couramment la production de « pointe »  du Lot amont et de la Truyère à la production « au fil de l’eau » sur le Lot domanial. La chaîne Lot-Truyère est reconnue d’intérêt national, ses équipements réalisent 10 % de la production hydroélectrique d’EDF. 

Enfin, la richesse du patrimoine naturel et culturel du Lot le rend particulièrement attractif d’un point de vue touristique. De nombreuses activités se développent autour de la ressource en eau : baignade, pêche, canoë-kayak, navigation en tous genres. La population du Lot s’accroît donc fortement en période estivale, augmentant ainsi la pression sur la ressource. 

Le bassin versant du Lot connait, en période d’étiage, une insuffisance quantitative de la ressource en eau qui se traduit par un déséquilibre entre les volumes disponibles et les besoins. Ce déséquilibre a été signalé dès 1994 par le classement du bassin versant à l’aval d’Entraygues-sur-Truyère en Zone de Répartition des Eaux (ZRE) (Décret n°94-354 du 29 avril 1994 modifié par le Décret n°2003-869 du 11 septembre 2003). 

Afin de concilier les usages de l’eau et le bon état des milieux aquatiques, le SMBL et un ensemble de partenaires du bassin mettent en œuvre depuis 2008 le Plan de Gestion des Etiages (PGE) du Lot, dispositif initialement préconisé par le SDAGE Adour-Garonne. Ce Schéma, dans sa programmation 2016-2021 puis dans sa programmation 2022-2027, insiste sur la nécessité de résorber durablement les déficits structurels en eau en intégrant les enjeux des changements climatiques. 

En effet, les récentes études (Explore 2070, Imagine 2030, …) s’accordent sur les conséquences météorologiques et hydrologiques du dérèglement du climat sur le bassin versant Adour-Garonne. Elles montrent notamment une hausse des températures de 0.5°C à 3°C et une baisse annuelle des débits entre 20% et 40% pour les principaux cours d’eau à l’horizon 2050. Des modifications de la distribution des précipitations et de la couverture neigeuse seront à prévoir ainsi qu’une altération de la qualité des eaux et des milieux associés. Les phénomènes extrêmes (crues et étiages) seront également plus fréquents et plus intenses. 

Face à ces constats alarmants, des études prospectives sur la ressource en eau ont débuté sur plusieurs sous-bassins en Adour-Garonne (Garonne 2050, Adour 2050, Dordogne 2050, ...) avec pour objectifs de comprendre les enjeux et d’anticiper les impacts futurs des changements globaux sur les territoires.

Dans cette lignée, le SMBL propose de lancer une réflexion similaire sur le sous-bassin du Lot qui ne sera pas épargné par les bouleversements précédemment cités. Ils auront des incidences sur les activités économiques (agriculture, industrie, loisirs et tourisme), les populations (alimentation en eau potable, sécurité et salubrité publiques, santé) et les écosystèmes. 

La démarche envisagée se déroulera à l’horizon 2050, échelle temporelle faisant consensus au sein du corps scientifique pour estimer les conséquences liées aux altérations climatiques. Le secteur du sous-bassin du Lot est choisi car il correspond à l’unité hydrographique pertinente pour l’analyse du fonctionnement hydrologique et la prise de mesures concrètes d’aménagement et de gestion des hydrosystèmes.

Il s’agira d’un projet concerté qui mobilisera l’ensemble des acteurs de l’eau, des gestionnaires aux usagers. Il devra aboutir à des solutions partagées qui permettront de concilier le développement socio-économique des territoires et la préservation des milieux aquatiques. Il aura pour vocation à alimenter les démarches de planification et d’aménagement et à redéfinir le cadre d’une gestion équilibrée de la ressource en eau

Un comité technique a été réuni pour la première fois le 9 novembre 2020 afin de faire un état des lieux des actions prévues ou engagées par les gestionnaires de la ressource en eau (syndicats de sous-bassins et établissements des parcs naturels) en lien avec les changements climatiques. Il était aussi question de préciser les objectifs et la méthode de l’exercice prospectif baptisé Lot 2050

Le comité a statué sur l’utilité d’un diagnostic prospectif qui sera mené à l’échelle du bassin du Lot dont la gestion quantitative constituera la ligne directrice. Afin d’aboutir à un projet concret et directement mobilisable par les acteurs locaux, l’étude devra reposer sur une large concertation. La stratégie d’adaptation et d’atténuation résultante sera déclinée en une série d’opérations portées par l’EPTB Lot et les acteurs locaux (syndicats de sous-bassins ou des parcs naturels régionaux entre autres). L’EPTB Lot assurera l’animation et la coordination des actions à la charge de ses partenaires.

 

 

Dès mars 2024, les réunions publiques à Chanac en Lozère et à Cahors dans le Lot, réunissant cinquante personnes chacune, ont permis de mieux comprendre les questionnements locaux. Ces réunions, après un effort conséquent du premier bureau d’étude Hydroclimat, ont permis de présenter les premiers résultats hydro climatiques commandé à l’origine pour juin. Les citoyens présents, ont partagé leur connaissance sur le sujet et leur besoin d’application concrète vers une adaptation au plus proche de leur territoire.